Madame Kossou Victorine est la directrice de l’ESPACE TISSAGE PLUS (Benin). Au mois de juillet 2017 à Montreal au Canada, elle a été nommée Ambassadrice de la Foire Africaine de Montréal pour l’Afrique de l’ouest. Nous l’avons rencontrée et avons eu avec elle un entretien exclusif. Lire ci-dessous.

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Madame Kossou, à l’occasion de la 4eme édition de la FAM qui vient de se terminer, vous avez été désignée Ambassadrice de la FAM pour l’Afrique de l’ouest. En vous félicitant pour cet honneur, nous souhaitons savoir quelles sont vos impressions?

Je ne m’attendais pas à cette nomination qui est en même temps une distinction. Je l’accepte avec joie et fierté : pour mon pays le Bénin et pour Espace Tissage Plus que je sers depuis 23 ans ! Je suis également fière de vous rejoindre dans l’effort que vous déployez pour rapprocher l’Afrique du Canada et les Africains résidant au Canada de leurs origines africaines.

Nous imaginons qu’en acceptant cette nomination vous êtes consciente des responsabilités qui en découlent et des défis qui vont vous interpeller dans les prochains mois en Afrique?   

Cette nomination appelle des responsabilités d’Ambassadeur, c’est-à-dire des responsabilités de représentation, d’écoute, de coordination, de sensibilisation et de mobilisation. A chaque étape du processus, il y aura forcément des défis à relever, des défis de tout genre. Pour y faire face, il conviendra dans un premier temps de mettre en place, de part et d’autre, une équipe de bénévoles capables de solliciter toutes les solidarités possibles. J’ai le sentiment que je ne serai pas seule. Il n’y a donc pas d’inquiétude.

Parlant de l’artisanat, comment se porte ce secteur en Afrique de l’ouest et particulièrement au Benin dont vous êtes originaire?

Face à une concurrence démesurée et parfois déloyale des produits utilitaires d’importation,  la production artisanale en Afrique de l’Ouest s’essouffle et se débat pour montrer sa pertinence et sa richesse. A cela s’ajoutent les difficultés d’approvisionnement en matières premières de qualité, notamment dans la filière de l’artisanat  textile. Ces difficultés viennent parfois freiner l’élan de créativité qui s’éveille un peu partout. Une autre difficulté provient de l’absence de débouchés pour l’écoulement de la production, lorsque celle-ci  est organisée à la base. Il est bon de se rappeler une collection d’ouvrages par pays publiée en 1984 par l’Institut Culturel Africain de Dakar, collection intitulée « Artisanats Traditionnels en Afrique Noire » (Diffusion Harmattan). Cette collection propose un riche fichier signalétique sur les formes et techniques des artisanats traditionnels. Cette collection reste encore d’actualité.

L’une des missions qui vous est assignée en tant qu’Ambassadrice de la FAM est de proposer des pistes d’actions qui vont davantage contribuer à l’expansion de ce secteur, et précisément à son internationalisation. Avez-vous déjà quelques idées à propos? Qu’attendez-vous de vos partenaires au niveau du Canada pour atteindre vos objectifs?

Pour contribuer à promouvoir la vision de la Foire Africaine de Montréal, il conviendra d’éviter deux pièges. Le premier piège, c’est de prétendre agir de façon isolée. Le deuxième piège, c’est d’agir en rangs dispersés. Autrement dit, il va falloir choisir de composer avec la FAM et ses anciens partenaires, tout en se rapprochant des structures étatiques et des organismes d’entraide qui s’occupent déjà  de l’artisanat dans chaque pays concerné. Nous voulons parler des Chambres de Commerce et d’Industrie, des directions de l’artisanat et de la culture, des directions du commerce extérieur, des centres de promotion de l’artisanat, sans oublier les projets mis en place par les représentations diplomatiques accréditées dans ces pays. Il y a intérêt à répertorier les artisans isolés qui réalisent des œuvres de qualité ainsi que ceux déjà regroupés en pré-coopératives. Dans une démarche prospective et sur la base d’un répertoire des produits et services à proposer, nous attendrons des organisateurs de la FAM une présélection des produits et services à promouvoir  aux prochaines éditions de la FAM, par exemple. Une présélection qui ne les engage en rien, mais qui pourrait permettre aux futurs exposants de mesurer à l’avance les risques à prendre en vue de leur éventuelle participation. La même démarche prospective concernerait les partenaires habituels ainsi que les communautés d’Africains du Canada. Ceci pour une meilleure information des clients potentiels que sont les futurs visiteurs de la FAM. Et aussi pour une meilleure visibilité de l’Afrique à la FAM et au Canada.

Merci madame Kossou et une fois de plus félicitations. Avez-vous un dernier mot?

Je souhaite plein succès aux prochaines éditions de la FAM en espérant que l’Afrique soit mieux représentée dans sa richesse et dans sa diversité culturelle.

 

 

 

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